Massacres au Tchad : quand l’inaction devient complicité
L’assassinat tragique d’un conducteur de moto-taxi au canton Timbiri et les violences meurtrières qui ont suivi révèlent, une fois de plus, l’incapacité du gouvernement à assurer la sécurité des citoyens tchadiens et à prévenir des drames récurrents.
Le 1er décembre 2024, une tragédie s’est abattue sur le canton Timbiri, dans le département de Pendé, au Tchad. Tout a commencé par l’assassinat d’un conducteur de moto-taxi par des individus non identifiés. Cet acte ignoble, aux motivations encore inconnues, a déclenché une vague de violences sanglantes dans la région. Malheureusement, ce n’est pas la première fois que de telles atrocités secouent les communautés rurales du Tchad.
Un bilan accablant
Les affrontements qui ont suivi ont laissé un bilan désastreux : 20 morts, dont plus de 4 femmes et un nourrisson, plus de 15 blessés graves, plus de 150 cases et hangars incendiés. Des récoltes, moyens de subsistance pour de nombreuses familles, ont été réduites en cendres. À cela s’ajoutent des villages désertés, des familles éclatées, des femmes traumatisées, et des enfants égarés. Ces scènes de désolation auraient pu être évitées si des mesures adéquates avaient été mises en place pour prévenir et gérer ce type de conflit récurrent durablement.
Un gouvernement défaillant
Plutôt que d’intervenir rapidement pour mettre fin à ces massacres, les autorités tchadiennes ont brillé par leur silence et leur absence. Ce mutisme face à des actes aussi graves donne l’impression d’une complicité implicite, accentuant le sentiment de vulnérabilité parmi les populations locales. Pire encore, en lieu et place d’une enquête approfondie ou d’une justice rendue aux victimes, les autorités se sont contentées d’envoyer des vivres.
Bien que nécessaire, cette aide humanitaire n’efface ni la douleur des familles endeuillées ni le besoin criant de sécurité et de justice. Elle ne répond pas non plus à la question essentielle : pourquoi ces actes de violence se répètent-ils sans qu’aucune solution durable ne soit mise en œuvre ?
Une priorité mal orientée
Au Tchad, les dirigeants semblent davantage préoccupés par leurs luttes pour le pouvoir – gagner des sièges au parlement ou contrôler les communes – que par la protection des populations qu’ils sont censés servir. Pendant ce temps, des citoyens innocents continuent de mourir, abandonnés à leur sort.
Un appel urgent à l’action
Le gouvernement doit impérativement rompre avec cette spirale d’inaction et de gestion superficielle des crises. Il est urgent de mettre en place des mécanismes efficaces pour :
1- Prévenir les conflits communautaires à travers des campagnes de sensibilisation et des programmes d’éducation à la paix.
2- Renforcer la sécurité dans les zones rurales en y déployant des forces de l’ordre mieux formées et équipées.
3- Rendre justice aux victimes en menant des enquêtes impartiales et en punissant les coupables.
4- Soutenir durablement les victimes au-delà des vivres, avec des programmes de réhabilitation et de soutien psychologique.
Les tragédies comme celles de Timbiri ne doivent plus être traitées comme des incidents isolés. Elles sont le symptôme d’un mal profond dans la gouvernance et la sécurité au Tchad. Les autorités doivent agir maintenant, avant que l’indignation des populations ne se transforme en désespoir.
Chaque vie perdue dans ces massacres est un rappel cruel de l’échec collectif du gouvernement à protéger ses citoyens. Il est temps que cette réalité change. Les familles tchadiennes méritent de vivre en sécurité, sans craindre pour leur vie ou celle de leurs proches. Le sang versé à Timbiri doit devenir le dernier cri d’alerte pour un véritable changement.